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Rex le chien milliardaire de Baptiste Doyen

 

Un chien qui s’appelle Rex, hérite de la moitié de la fortune de son défunt maitre mais il est en manque d’amour et il veut changer de vie.Une nouvelle de Baptiste Doyen.

Brève de Yahoo

A l’image du Beverly Hills Hotel, où les chiens sont salués par leur nom, nourris de plats préparés par de grands chefs et peuvent se promener à loisir dans les luxueux jardins de l’établissement, l’industrie du voyage américaine s’ouvre de plus en plus au plus fidèle compagnon de l’homme.

Aucun service n’est oublié pour dorloter la gent canine : room service, menus basse calories pour les chiens soucieux de préserver leur silhouette, voire, comme au Ritz-Carlton de New York, un coffret de bienvenue "Very Important Toutou" comprenant notamment des traitements d’aromathérapie et une plaque d’identification en plaqué or 22 carats.

Parallèlement, le nombre de sites internet dressant la liste des compagnies aériennes ou des hôtels acceptant les animaux ne cesse de progresser car, pour Kim Salerno, à l’origine de TripswithPets.com, "les animaux domestiques sont, aujourd’hui plus que jamais, considérés comme des membres à part entière de la famille qu’il est inconcevable d’abandonner lorsque l’on part en voyage et non comme de simples animaux".

Selon le site, www.bringyourpet.com, quelque 36 millions de ménages américains partiraient en voyage en compagnie de leurs animaux de compagnie chaque année.

Le cabinet d’études Packaged Facts indique que les Américains dépensent chaque année 47 milliards de dollars pour leurs animaux de compagnie, le pourcentage de cette somme consacré aux services et produits haut de gamme connaissant la croissance la plus elevé

« Il y a quelques mois environ, je n’étais alors qu’un jeune chien dorloté, mon maître mourut d’une crise cardiaque et je fus très attristé par sa mort. Il me légua toute sa fortune. Charles le majordome de mon maître .Oh ! Excusez-moi, mon majordome maintenant eut droit aussi à sa part de l’héritage. J’aimais bien Charles car il était un homme très sérieux et très droit.

Un matin de Décembre, où je me réveillai péniblement, Charles me dit d’aller en bas prendre ma petite collation du matin pour aller ensuite faire du sport car ; mon maître dans son testament disait que chaque année je devais gagner le concours national d’agilité »

- Vous devez Rex faire votre entraînement quotidien pour ne pas perdre la patte, dit Charles.

« Oui », pensa Rex.

« Chaque après-midi après le goûter nous faisions une promenade. Cette fois-ci il ne m’emmena pas à l’endroit très chic qui est notre quartier. Il m’emmena dans la banlieue voisine où se trouvent des gens plus modestes »
Durant la promenade quotidienne Charles déclara : Regarde comme cette famille là-bas à l’air heureuse de jouer ensemble, en désignant du doigt une petite maison au coin de la rue.

« Et c’est vrai que cette famille a l’air heureuse » songea Rex.

Depuis peu de temps Rex ressentait une sorte de manque d’amour ; Charles était très gentil mais rien ne pouvait combler ce manque incessant de jouer avec une balle sur la pelouse du parc ou encore regarder la télévision blotti dans les bras de son maître bien au chaud devant la cheminée. Charles était toujours occupé à droite ou à gauche par les affaires de son défunt employeur car dans le testament de ce dernier, il stipulait noir sur blanc que toute sa fortune appartenait à Rex mais la lourde tâche de s’occuper des clients des actions ou encore des frais de la société revenait à Charles ; il était devenu presque le grand PDG de cette très florissante société.

C’était un dimanche de décembre glacial ou Rex s’ennuyait encore à mourir, il avait beau discuter avec les purs-sangs arabes de l’écurie, embêtait les oies ou encore aller voler quelques os adaptés aux besoins des chiens, provenant des cuisines il s’ennuyait toujours, il n’y a pas longtemps il avait médité sur un peut-être éventuel voyage de luxe au Caraïbes avec un coffret de bienvenue « Very Important Toutou » contenant room service, menus basses calories pour les chiens soucieux de préserver leur silhouette, spa, piscine et cocktails gratuits mais pour l’instant il était dans sa campagne anglaise en train de regarder les flocons de neiges défilés les uns derrière les autres. Soudainement lui vint une idée : « Pourquoi ne pas changer de vie, je sais que c’est impossible mais...Oui ! La voilà la solution ; changer de situation familiale avec ce chien que moi et Charles avions vus durant la précédente promenade, je lui proposerai de tout changer (à l’autre chien) et la duperie sera parfaite, car il me ressemble comme deux gouttes d’eau. » Je m’emparai soudain de la clef de la cuisine ; pris mon ours en peluche ; Teddy, et courus vers la porte depuis longtemps je savais comment faire pour l’ouvrir mais auparavant je n’avais jamais essayé de sortir pour aller voir tout seul ce qui se passait dehors mais dorénavant c’était trop ! Je me retrouvai tout à coup dans une rue déserte d’un dimanche matin à sept heures, le froid s’empara de moi ainsi qu’un sentiment nouveau : LA LIBERTE ! Je courai dans la neige à perte de vue sans me rendre compte de ce qu’il allé m’arriver, pas un de mes souffles étaient tonifiants. J’arrivais enfin devant cette maison très anglaise, une parcelle d’herbes mélangées à la neige fraîche de ce matin. Elle avait deux étages et elle était très similaire aux maisons environnantes, de ce quartier. J’aperçus alors ce Berger Allemand. Il était très racé, fin et beau, mes yeux pleuraient de bonheur ; toute mon échine frissonna comme feuille au vent d’automne, et je ne devais pas avoir fier allure, mais... Il me renifla l’arrière train et je fis de même, puis il me dit :

- Oh, mon vieux tes croquettes doivent être de super qualité, tu m’en refiles.

Certes, son vocabulaire était certainement différent (très médiocre) du mien mais cela fera certainement l’affaire pour l’échange de vie. Je lui répondis :

- Alors, tu veux les goûter.

- Avec grand plaisir, certifia le chien

- Je lui expliqua : que s’il voulait il pourrait en avoir tous les jours et lui conta tous les points forts, piscine, voyages, grand lit et même gamelle en or.

- Il me répondit avec un grand sourire :

- En échange de quoi ?

- De ta vie, nous allons si tu le veux bien échanger nos destinées, lui déclarai-je.

- Oh, avant personne ne m’avait fait d’aussi belle proposition, merci et ça commence quand ?

- Maintenant ! ! !

Nous échangeâmes nos plaques d’identifications et le tour fut joué. Il courut dans l’autre sens aussi rapidement que ses grandes gambettes le purent, évidemment je lui expliqua la route à suivre « troisième maison sur la gauche, la plus grande et la plus belle... » Il m’écouta attentivement et lui dis-je ; « au revoir, mon frère et bonne chance ... »

J’entrai par la trappe pour les animaux de ma nouvelle maison, les enfants m’accueillirent en citant mon nouveau nom ;

- Bill, on t’avait cherché partout ou étais-tu donc ? De toute façon viens manger.

Je me dirigeai vers une sorte de bol en plastique industriel ou mon nom était marqué, « Ahhhh, dure la vie de modeste chien », dis-je d’un air dédaigneux, moi qui avait l’habitude de manger dans des assiettes en argent et de plus vous savez ce qu’il y avait dans cette sorte de gamelle ? De la bouillie en conserve pour animaux de modestes maîtres. Cette nuit-là je dormis à mon avis dans le plus miteux des coussins qui n’a jamais existé, en plus je ne fermis pas l’oeil de la nuit. Cependant, de l’autre côté de la banlieue de Liverpool un autre berger allemand dormait dans mon lit bien douillet, nourrit aux croquettes à base de caviar, Sniff ! Sniff ! Le lendemain le moment tant attendu arriva enfin, je jouai avec mes nouveaux maîtres sur leur pelouse cependant très petite mais, je pris énormément de plaisir à pouvoir enfin m’amuser avec des humains. Après, avoir lapé un grand coup d’eau, je décidai d’aller chercher les toilettes des humains car, depuis tout petit j’avais appris à faire dans celles que les humains utilisent ; je les trouva à l’odeur. Elles étaient très petites et j’en mis un peu partout. Tout à coup ma nouvelle maîtresse me trouva dans les toilettes et me gronda très sévèrement. Pour ma punition, elle me mit dehors dans la neige et le froid. Vexé, je partis de cet enfer vers ma vraie maison en courant et en pleurant de tout mon être.

Je courus dans le parc de MA demeure ! ! ! ! Mais, sur la porte principale je trouvai un écriteau qui disait : « Excusez-moi mais mon chien et moi-même avons décidé de prendre quelques vacances au chaud sous les tropiques pour oublier un peu la routine anglaise et en plus mon chien depuis peu avait l’air de déprimer, mes sincères salutations, Charles & Rex. »

« C’est moi Rex » m’exclamais-je et pas lui. Blessé au plus profond de mon coeur, je cherchai donc une entrée pour accéder à la demeure et retourner enfin chez moi. Mais je n’en trouvai pas, donc une nouvelle vie s’offrait à moi : celle d’ermite des rues car, il n’était pas question de retourner dans cette famille de dégénérés qui habitaient la modeste maison de la banlieue voisine. J’attendis alors Charles et Bill pendant presque trois mois, mais pendant ce temps je me fis des amis rats et mangeais les poubelles de luxe au clair de lune. J’entendis de nombreuses complaintes (par mes amis chiens) venant du voisinage.

Une belle journée de Mars, j’entendis le vrombissement d’une Cadillac, Charles descendit de la voiture suivi de Bill munie d’une chemise à fleurs et d’une paire de lunettes de soleil, il avait l’air pénard. Je lui attrapai la queue et lui dit :

- Maintenant je veux récupérer mon ancienne vie, hors de ma vue sale bâtard !

- Et, ce n’était pas toi le chien qui voulait changer de vie. Hein ?

- Si, mais, j’ai changé d’opinion à ce sujet.

- Ben, moi je veux pas changer, t’assumes tes responsabilités, « pff » quelle mauviette.

- Bon, qu’est ce que tu veux en échange ?

- Si t’insistes ... ?

- D’accord, je te propose une ration annuelle de croquettes au caviar et truffée aux cèpes, alors ça te dit mon vieux ?

- J’veux plus ! !

- Mensuelle peut être ?

- Tu rêves, moi ce que je veux c’est de venir habiter chez toi, enfin... bientôt chez moi.

- Certainement pas, mon cher !

- C’est ça, ou tu retournes dans mon ancienne maison.
Rex voyant bien que l’autre chien dorénavant était plus fort physiquement décida de céder au chantage de Bill (l’autre chien) car ces trois mois de vagabondages l’avaient affaibli.

- D’accord. Dit Rex d’un air soumis.

- Et ben tu vois tout s’est arrangé, maintenant il faut expliquer la situation au maître (Charles).

Ce ne fut pas chose facile parce que Charles ne comprit pas qu’il y avait eu lieu, un échange de vie, mais Charles accepta car il se dit que cela ferait tout de même un bon compagnon de jeu pour Rex et que ça ne lui couterait pas très cher. Charles trouva un nouveau nom pour Bill (Médor) et ce dernier en fut très honoré ainsi qu’une nouvelle niche et il lui apprit surtout comment aller se soulager dans les toilettes humaines.

L’histoire se termine bien, les deux chiens au fil du temps devinrent de bons camarades, et maintenant je crois que Rex ne pourra plus s’ennuyer et regarder le temps passé avec Bill ou Médor dans les pattes.

« Ouaaffff »
 

 

Une nouvelle de Baptiste Doyen.

 

 

 
 
 
 

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