L’EXPANSION DU TOURISME
Archipel constitué de 7107 îles montagneuses, sous un climat chaud, humide et tropical, les Philippines sont situées au cœur de la mer de Chine dans l’Océan Pacifique. Elles peuvent être soumises à des tempêtes tropicales et à des typhons notamment sur la côte est.
Les Philippines ont une position stratégique en Asie du Sud-est à la croisée des voies internationales aériennes et de navigation
Temps de vol depuis Manille
Hong Kong – Taipei: 1h40
Sydney: 7h30 Singapour – Shanghai – Kuala Lumpur: 3h
Auckland: 11h30
Jakarta – Seoul - Tokyo: 3h30
Paris: 16h Bangkok: 4h30
Amsterdam/Francfort: 13h
Beijing: 5h15 Los Angeles: 13h
La population aux Philippines connaît une croissance démographique relativement forte (+1,7 % pour 2007) et se concentre à Manille (1/7 de la population). Cette croissance est soutenue par un taux de fécondité élevé de 3,01 enfants par femme, ce qui donne une population très jeune (22,7 ans de moyenne d’âge, 34,5 % de la population a moins de 15 ans).
Les Philippins sont majoritairement d’origine malaise et la minorité ethnique la plus significative est celle des Chinois qui ont joué un rôle important dans le commerce dès le IVème siècle. Du fait de l’installation de sultanats au XVème siècle dans l’archipel de Sulu et sur l’île de Mindanao d’une part, et des colonisations espagnoles (1565-1897) et américaines (1898-1946) d’autre part, la population philippine présente un mélange culturel d’Orient et d’Occident unique en Asie. Il s’agit de la seule population d’Asie à dominante catholique (83 % de catholiques romains, 9 % de protestants, 5 % de musulmans, 3 % de bouddhistes ou autres) et une des plus occidentalisées, voire américanisée, dans son mode de vie, mais surtout dans l’utilisation de l’anglais. Les langues officielles sont le filipino (fondé sur le dialecte tagalog) et l’anglais. Ce dernier est très majoritairement utilisé dans l’administration, les affaires, la législation, et c’est une langue d’instruction à l’école. L’identité philippine s’est construite avec cette longue histoire coloniale et revendique son particularisme malgré sa proximité culturelle occidentale.
ORGANISATION POLITIQUE
Les Philippines sont une République parlementaire et sont apparues comme la première démocratie en Asie, le premier congrès bicaméral ayant été institué en 1916 sur initiative des Américains (Jones Law). Le pays est régi par la Constitution de 1987 adoptée sous la présidence de Cory Aquino et rétablissant un système de gouvernement présidentiel, un parlement bicaméral, et un système judiciaire indépendant.
Fondé sur le modèle américain, le système politique philippin s’en éloigne cependant du fait de son organisation territoriale et de son fonctionnement pratique. Il s’agit d’un état unitaire décentralisé dont les institutions locales sont régies par le code de 1991 et non d’une fédération d’Etats institués par la constitution. De plus, les logiques claniques ou familiales restent dominantes au niveau local, et le fonctionnement des partis politiques (absence de discipline de parti) ressemble plutôt au clientélisme de certains pays latino-américains.
Le pouvoir exécutif : le Président et son gouvernement.
• Président et Vice-président élus directement par le peuple, écartés seulement par procédures de destitution engagée par la Chambre des Représentants.
• Mandats : 1 mandat unique de 6 ans pour le Président, 2 pour le Vice-président.
• Désignation du gouvernement par le Président qui est à la fois chef de l’Etat, chef du gouvernement et chef des armées.
• Pouvoirs du Président : préparation du budget, approbation ou non des lois, signature de traités ou accords internationaux, instauration de la loi martiale, pouvoir réglementaire (décrets ou ordres exécutifs).
Le pouvoir législatif : le Congrès
• Parlement bicaméral constitué du Sénat (chambre haute de 24 membres élus à l’échelle nationale) et de la Chambre des Représentants (chambre basse de 212 membres élus directement par circonscriptions et depuis Juillet 1998 jusqu’à 52 membres élus à la proportionnelle).
• Mandats : Sénateurs élus pour au plus 2 mandats de 6 ans consécutifs - Représentant élus pour au plus 3 mandats de 3 ans consécutifs.
• Exercice du pouvoir législatif à concurrence, mais certains domaines sont réservés. Pour la Chambre des Représentants : origine exclusive des lois concernant l’affectation des crédits, les mesures liées aux taxes et aux questions locales. Le Sénat : ratification de tous les traités et accords internationaux.
Le pouvoir judiciaire : la Cour Suprême
• Un système intégré à 4 niveaux de tribunaux sous la supervision administrative et disciplinaire de la Cour Suprême.
• Composée d’un président désigné par le Président de la République et de 14 juges associés présélectionnés par le Judicial and Bar Council.
• Des pouvoirs étendus de la Cour Suprême en matière économique. Exemple : le Terminal 3 de l’aéroport NAIA. La Cour Suprême a autorisé en 2004 l’expropriation du Terminal 3 par le gouvernement en jugeant le contrat de BOT avec PIATCO invalide. Le terminal étant presque fini, la Cour Suprême demanda une indemnisation, partiellement payée en 2006. Le consortium a lancé des procédures d’arbitrage international à Singapour et Washington, et l’ouverture de NAIA 3 n’est pas prévue avant 2008.
• De nombreuses incertitudes pesant sur le respect des contrats, les délais de procédures et les possibilités d’appel en justice.
Une organisation territoriale décentralisée : les Local Government Units
• Découpage géographique en 16 régions, dont celle de Mindanao Sud (ARMM) bénéficiant de l’autonomie.
• Découpage administratif : 79 provinces, 117 cities (grandes villes), 1505 municipalities (villes), et à la base 41 984 barangays (quartiers ou cantons), régis par le Code du Gouvernement Local de 1991.
• Ressource principale : transferts gouvernementaux (Internal Revenue Allotment).
• Agissent comme des agences du gouvernement national pour la collecte de l’impôt, l’application des lois et les services publics.
• Un accès limité au financement privé pour les LGUs donc peu d’investissement dans des projets d’infrastructure essentiels et une faible mobilisation de ressources propres (couvrent seulement 1/3 des dépenses.
GOUVERNANCE ET ENVIRONNEMENT POLTIQUE ACTUEL
Un environnement politique mouvementé
Malgré les performances économiques que connaissent les Philippines depuis l’accession à la présidence de Gloria Arroyo, l’instabilité politique et la persistance du climat d’insécurité et de violence ont fragilisé le pouvoir.
En 2005, la Présidente accusée d’avoir truqué les élections de 2004 a échappé à une première tentative de destitution parlementaire. En 2006, la tentative avortée de coup d’état contre la Présidente a donné lieu à l’instauration de la loi martiale, et au rejet d’une seconde procédure de destitution.
A l’issue des élections de mai 2007, les partis d’opposition ont encore perdu des sièges à la chambre basse. Ils ne pourront donc pas rassembler les votes suffisants (au moins 1/3 des membres de la Chambre des Représentants) pour lancer une nouvelle procédure d’impeachment. La Présidente est donc désormais sure de terminer son mandat. Cependant, l’opposition a conforté sa majorité au Sénat : le parti de la présidence aura donc des difficultés à faire passer tout projet de changement constitutionnel ou de réformes structurelles peu populaires.
La question sécuritaire dans la province de Sulu et sur l’île de Mindanao reste en suspens, le conflit entre forces séparatistes des Moros et forces gouvernementales étant ancien. Une intervention en Août 2006 sur Jolo de l’armée philippine avec les forces américaines a été réalisée pour tenter de stopper les activités d’Abu Sayyaf et de militants de la Jemaah Islamiah ; les accrochages se poursuivent Des pourparlers avec le MILF de Mindanao (Moro Islamic Liberation Front) et la New People’s Army de Luzon (branche armée du parti communiste philippin) pour un accord de paix sont en cours, mais à court terme une résolution paraît peu probable.
La majorité de l’aide au développement des Philippines (notamment l’aide européenne) est dirigée vers Mindanao, région isolée tant politiquement qu’économiquement.
Du fait de cette situation sécuritaire, l’armée a un poids politique certain, qui se traduit également par une forte présence d’anciens généraux ou officiers à des postes-clés de l’administration ou des entreprises publiques.
STRUCTURE DE L’ECONOMIE PHILIPPINE
Ressources naturelles
Les minerais occupent une place importante dans les ressources naturelles des Philippines.
• Or production 2005 : 37.5 tonnes (1.5 % de la production mondiale).
• Argent production 2005 : 19,2 tonnes.
• Nickel, cuivre, chrome.
• Charbon, sel, calcaire.
Agriculture (FAO 2005) :
• 1er producteur mondial de fruits tropicaux
(Ananas et noix de coco 2ème producteur mondial ; bananes 5ème ; mangues 7ème.)
• 8ème producteur mondial de riz, 9ème de canne à sucre et maïs.
• 6ème prod. de viande de buffle, 14ème de porc, 4ème pour les œufs.
Economie
• PIB (2006) : 116 Md USD - En Asie : Indonésie : 400 Md USD, Thaïlande 220 Md USD ; Malaisie : 160 Md USD ; Vietnam: 68 Md USD ; Pakistan : 129 Md USD - Autres pays émergents : Algérie: 115 Md USD ; Egypte: 107 Md USD.
Structure du PIB / Ventilation sectorielle
• Agriculture : 14,2% du PIB (+ 4,1 % entre 2005 et 2006, bonnes conditions météorologiques pour la production de riz, de noix de coco, de bananes et de canne à sucre).
• Industrie : 32,1% du PIB (tirée par l’industrie agroalimentaire, notamment les boissons, le textile, les produits chimiques (4 %), le ciment (10%) et les appareils électriques (30 %), l’électronique comptant pour 12% de la production mondiale).
• Services : 53,7 % du PIB (services publics 7 % ; services privés : 25 % ; activités commerciales : 25 % ; transport et communication : 14 %).
Structure du PIB par dépenses (prix constants 1985)
• Dépenses de consommation privée : 78 % du PIB (supportées par les transferts des Philippins de l’étranger, qui comptent pour 11% du PIB). -
Taux d’investissement (2006) : 16 % du PIB – IDE reçus en 2006 : 2.5Md USD (faible par rapport aux pays de l’ASEAN : Malaisie : 20 % du PIB ; Indonésie : 21% du PIB ; 2 fois moins que la Thaïlande (32 %) ou le Vietnam (35 %)).
Croissance : modérée par rapport à certains pays asiatiques, équivalente aux autres pays émergents, mais plus stable
Croissance du PIB 2006 2005 2004 2003
Chine 10,7 % 10,4 % 10,1 % 10,0 %
Inde 9,2 % 9,2 % 7,8 % 7,3 %
Vietnam 8,2 % 8,4 % 7,8 % 7,3 %
Maroc 7,3 % 1,7 % 4,2 % 5,5 %
Egypte 6,8 % 4,5 % 4,1 % 3,2 %
Malaisie 5,9 % 5,2 % 7,2 % 5,5 %
Philippines 5,4 % 5,0 % 6,2 % 4,9 %
Afrique du Sud 5,0 % 5,1 % 4,8 % 3,1 %
Thaïlande 5,0 % 4,9 % 6,3 % 7,1 %
Mexique 4,8 % 2,8 % 4,2 % 1,4 %
Le rôle majeur des Philippins émigrés
Beaucoup de Philippins ont émigré pour travailler à Hong Kong, à Singapour, dans le Golfe, mais aussi aux Etats-Unis et en Europe. Ils représentent environ 10 % de la population totale et les transferts qu’ils envoient à leurs familles ont un rôle majeur dans l’économie du pays. En 2006, ces transferts représentaient 11 % du PIB permettant ainsi de soutenir la consommation privée, principal moteur de l’économie philippine. En 2007, les transferts mensuels dépassent 1 Md USD.
Indicateurs du risque souverain
Notation du risque souverain à long terme en devises (2007) :
Standard & Poor’s : BB-
Moody’s : B1
Fitch: BB
Echanges extérieurs 2006
Balance commerciale : -4,5 Md USD
• Exportations 47 Md USD : 63% électronique (75 % de semi-conducteurs), textile, produits pétroliers, huile de coco.
• Importations 51,5 Md USD : électronique (47 %), combustibles, lubrifiants, équipements industriels et de transport, tissus textiles.
Politique économique du gouvernement: le programme de moyen terme MTDP 2004-2011
• Approfondissement des réformes fiscales pour équilibrer le budget d’ici 2009 en diminuant le service de la dette.
• Rationalisation des services publics, amélioration de la performance des entreprises publiques et augmentation des contributions à la sécurité sociale.
• Poursuite du programme de privatisations dans le secteur électrique.
• Accroissement des dépenses publiques en infrastructures (travaux publics, transports et communications, et dans une moindre mesure pour l’éducation).
• Ouverture aux biocarburants.
Compétitivité
La compétitivité globale reste faible par rapport à d’autres pays émergents (classement IMD 2006 : 42/55 pays) ; Néanmoins les Philippines se positionnent très favorablement dans l’électronique et plus récemment dans les activités d’outsourcing, notamment avec les centres d’appel. La forte alphabétisation, la pratique de l’anglais et des coûts de communication téléphonique et internet très compétitifs sont des atouts certains. A moyen terme, la gouvernance et les infrastructures de communication devront être améliorées pour rester dans la course face à de nouveaux concurrents et mettre en valeur certaines potentialités (mines, tourisme par exemple).
QUELQUES GRANDS GROUPS PHILIPPINS
En termes économiques, les Philippines ont une image plus latino-américaine qu’asiatique : des années de dette publique croissante et de dépréciation de la monnaie. Depuis trois ou quatre ans, l’amélioration est pourtant sensible, avec notamment un désendettement public important et une chute de l’inflation (cf. nos fiches sur www.missioneco.org/philippines).
Si le secteur public a toujours une image floue, le secteur privé philippin est surtout méconnu. Il se caractérise par la présence de conglomérats solides. Certains appartiennent à des familles d’anciens colons espagnols comme la famille Zobel du groupe Ayala, mais d’autres sont la propriété de familles d’origine sino-philippine (familles Sy, Tan, Gokongwei, Yuchengco). En général, ces groupes ont commencé leurs activités dans l’agro-alimentaire ou la distribution et se sont diversifiés dans la banque et l’immobilier, l’industrie étant dominée par des groupes étrangers.
Parmi ces groupes, citons sans être exhaustifs :
Ayala est un des groupes les plus puissants et influents aux Philippines. Ses trois principales filiales sont Ayala Land pour l’immobilier (236 M USD), Globe pour la téléphonie mobile (1,1 Md USD, plus que Nokia- France par exemple) et Bank of the Philippines Islands (630 M USD).
JG Summit de la famille Gokongwei est le groupe le plus diversifié avec ses activités dans l’agro-alimentaire (Universal Robina Corporation), l’immobilier (Robinson’s Land), les télécoms, le transport aérien (Cebu Pacific, première compagnie aérienne low-cost des Philippines – 160 M USD), la pétrochimie et les services financiers.
Benpres Holding est le consortium d’une autre famille majeure aux Philippines, la famille Lopez. Leur activité principale est la production et la distribution d’électricité à travers Meralco, 3ème entreprise aux Philippines avec un CA de 3,5Md USD. Ce consortium gère d’autres services publics comme une partie des eaux de Manille (Maynilad) et l’exploitation de l’autoroute du Nord Luzon en partenariat avec Egis Projects. D’autre part, le groupe possède la première chaîne de télévision du pays, ABS-CBN et le premier opérateur du câble, Skyvision.
Le groupe de Lucio Tan est particulièrement connu pour son entreprise principale, la compagnie aérienne Philippines Airlines (1,1 Md USD). Dans le secteur bancaire, le groupe est présent avec Philippine National Bank et Allied Bank. Fortune Tobacco est le premier fabricant de cigarettes et Tanduay est la marque de rhum la plus populaire aux Philippines. Le groupe se distingue aussi dans la brasserie avec Asia Brewery, deuxième brasseur du pays.
Certains groupes ont réussi à imposer leurs compétences particulières dans certains domaines, comme San Miguel, premier groupe agro-alimentaire d’Asie du Sud-est, avec un chiffre d’affaires (4,5 Md USD) comparable à celui de Pernod Ricard. La boisson est le cœur de métier du groupe avec la bière San Miguel, les sodas Coca Cola et Sprite et Ginebra, l’alcool de gin le plus vendu au monde. Le groupe est aussi fortement présent dans l’agri-business et l’alimentation, ainsi que l’emballage et son activité s’étend à toute l’Asie du Sud-est.
ICTSI est un groupe philippin qui a su se développer à l’international (Equateur, Brésil, Syrie, Chine, Japon, Indonésie, Pologne, Madagascar) pour la gestion des services portuaires de conteneurs (67 M USD pour le seul 1er trimestre 2007) et qui vient de remporter un contrat de 180 M USD en Colombie.



